Quiconque a déjà travaillé dans le monde de la télévision sait qu’entre une idée d’émission et sa diffusion, les embûches sont nombreuses. Sans parler du fait que la plupart des projets ne se concrétisent pas, même après plusieurs mois d’efforts! C’est encore plus complexe quand il s’agit d’une série sur les voyages: les coûts complexifient souvent les choses.
Emballée par ma première entrevue avec Nans et Mouts, j’ai eu envie de poursuivre la discussion pour parler des coulisses de Nus et culottés. Comment deux mecs qui n’avaient jamais faits de télé sont-ils arrivés à vendre un tel projet? Comment parviennent-ils à tout faire eux-mêmes sur le terrain? Voici…
1- Entre l’idée de la série et sa mise en ondes, que s’est-il passé?
Nans: Après un premier voyage seulement pour nous entre la Drôme et Paris, grâce aux images qu’on avait prises ici et là, on a monté une petite vidéo de trois minutes. Avec du recul et les retours encourageants de nos proches, on s’est dits: pourquoi ne pas proposer ça à une maison de production? On a épluché Internet et Bonne Pioche s’est imposé comme une évidence compte tenu de ce qu’ils produisent (J’irai dormir chez vous, La marche de l’Empereur, Les nouveaux explorateurs, etc.).
Mouts: Et de là, c’est allé très vite. On a fait deux autres voyages en partant nus pour tester plusieurs aspects: passer une nuit dehors au tout départ en étant nus en plein hiver, faire ce type de voyage à trois, avec un ami…
Nans: On devait l’amener au mariage de sa soeur. D’ailleurs c’est cet ami, Kim Pasche, qui nous enseigne les différentes techniques pour se débrouiller dans la nature.
Mouts: Et puis, on voulait aussi tester le concept en partant d’une zone résidentielle, moins rurale, donc a priori plus méfiante. Et ç’a marché.
Nans: Ensuite c’est allé très vite. D’ailleurs, pour Bonne Pioche, ç’a été l’un des projets les plus efficaces entre la première prise de contact et la réalisation du premier opus. France 5 [NDLR: diffuseur français de la série] y a cru très vite, on s’est retrouvés sur un certain nombre de valeurs et de principes communs, donc banco!
Mouts: Au passage, nous avons rencontré Charlène Gravel, qui allait s’occuper du montage et d’une partie de l’écriture, donc de la réalisation. Ç’a très vite collé entre nous trois. D’ailleurs, dès l’un des premiers soirs, comme dans nos voyages, on a fini par dormir dans son séjour, sur son canapé.
2- Était-ce votre première expérience télé?
Mouts: Oui.
Nans: Moi non, j’avais été filmé une fois par mon père à Noël. Il avait passé le film à la télé ensuite.
3- Êtes-vous suivis par un caméraman ou êtes-vous complètement seuls sur le terrain?
Mouts: On est strictement seuls sur le terrain. Ça dénaturerait trop la rencontre avec les gens.
Nans: Et puis s’il fallait voyager avec un cadreur, on ne pourrait pas faire d’avion-stop!
Mouts: Hum, t’imagines, si on le voit manger et que nous on a rien trouvé pour un repas?
4- Comment arrivez-vous à tout tourner vous-mêmes? Quel type de caméras utilisez-vous?
Nans: Le procédé est très simple, on a sur notre baluchon deux petites caméras de type «paluche», une qui filme en direction en gens que nous rencontrons, et une autre qui nous filme.
Mouts: Et en plus de ça, on a une camera de poing qu’on place un peu plus loin au moment de frapper à la porte des gens, histoire de montrer l’ambiance du lieu.
Nans: C’est aussi cette caméra de poing qui nous permet de filmer la nuit, ou de faire de jolis plans en macro de nature.
Mouts: Pour compléter l’armada, on a aussi une toute petite caméra étanche pour filmer sous l’eau. Ça fait de joli plans en bateau-stop ou en radeau.
5- Aviez-vous déjà de l’expérience comme caméramans et réalisateurs?
Nans: Très peu. J’ai suivi un module d’ouverture d’un semestre sur le sujet pendant mes études d’ingénieur.
Mouts: De mon côté, j’ai appris sur le tas auprès d’un réalisateur de documentaires pendant deux mois. Donc, on avait les bases, mais il reste quand même une grande différence entre savoir filmer une séquence et se filmer pendant des rencontres avec des gens.
Nans: Heureusement, pour ça, on est deux. Il y en a toujours un qui peut penser aux batteries et aux cartes mémoires pendant que l’autre reste pleinement dans la rencontre.
6- Combien de temps consacrez-vous au tournage d’un épisode?
Nans: Entre deux et trois semaines.
7- Combien d’heures de tournage par épisode?
Mouts: Entre 60 et 120 heures. C’est très relatif à la durée du voyage, bien sûr, mais aussi à son type. Les longues recherches en bateau-stop et le porte-à-porte pour trouver l’hébergement peuvent prendre des heures sur les cartes.
Nans: Au grand dam de Charlène Gravel, notre amie monteuse et coréalisatrice qui doit tout regarder avant de commencer à monter… Ça lui prend presque autant de temps que nous pour faire le voyage.
8- Participez-vous au montage?
Nans: C’est Charlène qui fait la sélection. Et heureusement! Pour ce travail, il faut du recul et nous ne l’avons pas, ou alors il faudrait attendre quelques mois. Nous nous sentons parfois si proches de personnes rencontrées ou de certaines situations vécues que ce serait difficile de faire cette sélection.
Mouts: Une fois que Charlène a bien dégrossi la matière et monté «l’ours», c’est-à-dire une version complète du film plus longue que la durée des 52 minutes espérées, nous finalisons ensemble le choix des séquences.
Nans: C’est un beau travail d’équipe avec Bonne Pioche et France 5, qui participent à la validation des films et d’une partie du contenu éditorial.
9- Des choses qu’on ne voit pas et qui pourraient nous étonner?
Mouts: Le temps qu’on passe à déposer la camera de poing, reculer de quelques dizaines voire centaines de mètres, passer devant la camera, puis revenir la chercher. Ça fait des rushs de plusieurs minutes parfois pour quelques secondes d’images. Souvent, on dit qu’on fait trois fois le voyage.
Nans: J’ajouterai tous les moments exquis qui ne sont pas filmés pendant les voyages, comme beaucoup de voyageurs peuvent vivre. Un moment de complicité avec un hôte, des jeux avec ses enfants, le plaisir de recevoir sans s’y attendre un quignon de pain. Parfois, le voyage va tellement vite qu’on a pas le temps d’allumer les caméras.
10- Comptez-vous tourner d’autres épisodes?
Mouts: Des voyages, il y en aura d’autres, c’est sûr. Sous cette forme comme sous une forme plus classique. Pour ce qui est d’en faire des documentaires, c’est impossible de prévoir.
Nans: À ce niveau-là, nous ne sommes pas les seuls décisionnaires. Il y a Bonne Pioche et France 5. Et puis, il faut que ça plaise aussi et surtout aux téléspectateurs, donc pour ça on attend la fin des diffusions.
Et vous, que pensez-vous de Nus et culottés? Avez-vous envie de voir d’autres épisodes?
À ne pas manquer ce soir : Objectif Alpes, dernier épisode de Nus et culottés, dès 20h!
À lire également: Dix questions à Nans et Mouts de Nus et culottés.
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9 Commentaires
Bonsoir
J`ai adoré suivre Mouts et Nans. Léger mais aussi profond.Tendresse entre eux et entre ceux rencontrés.
Le sourire.La générosité.Une réconciliation avec les humains.
Il y a encore du bon monde!!!!
Sniff…déjà terminé.
J`ai passé du bon temps , j`ai été ému et j`ai ri aussi.
Merci
Gaétan
En effet, ces deux compagnons ont trouver une façon de faire de la TV réalité , je regarde cette émission depuis Montréal sur TV5 et le resultat est genial…Felicitation les mecs…Fançais d’origine , aujourd’hui canadien par adoption, j’ai aussi voyager en stop, dans ma Picardie d’origine, et j’aime les rencontres avec les gens du peuples, aisés ou umbles, il y a toujours de quoi discuter…de partager.Merci de redonner vie à des valeurs que certains penses disparues ou passées. Votre concepte unique et porteur d’espoir est un laboratoire à ciel ouvert.Merci a vous , votre production,votre équipe et TV5.
Sébastien artiste souffleur de verre.
Et le son? Comment vous avez fait pour la prise son??
J’ai adoré les trois épisodes que j’ai visionnés. Au Québec, il y’a un fort potentiel de grande écoute. Donc : d’autres épisodes !!!!!!
J’ai été conquise hier soir, par hasard, lors du voyage dans les alpes. Bravo à ces 2 garçons !! Quelle fraîcheur et quelle simplicité !! Vivement les prochains épisodes et surtout continuez. Je suis fan !
Est-que je pourrais avoir le nom du groupe (de musique)qui passe dans vos docs, car non seulement ça colle super bien au sujet mais en plus c’est vraiment de la bonne zic ! Que du bon quoi ! Vivement la prochaine . . . . .
j’adore, a chaque fois je m’evade avec vous .
simplicite, gaiete, generosite, des valeurs qui ont tendance a etre perdues enfin je pensais car en regardant vos emissions je ùù’aperçois qu’il y a encore du beau monde sur cette terre
bravo et continuez ainsi on ne s’en lasse pas
Je viens de découvrir Nus & culottés et je trouve l’idée juste incroyable, c’était vraiment ce qu’il manquait à la télé. Et j’espère que ça ne s’arrêtera pas là.
Un grand merci pour ce plaisir
J’ai trouvé cette série sur mon iPad dans l’application TOU.TV, et j’ai trouvé ça tout à fait GÉNIAL ! Bravo les gars, j’ai passé de très beaux moments à suivre vos aventures. VITE LA SUITE… j’en veux encore ….
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[...] interviews ici et là, réalisées par TV5 [...]
[...] Après avoir réalisé une première entrevue avec le duo pour le blogue de TV5 (la série a été présentée au Canada avant de l’être en France – avis aux Français, le premiers épisode est… aujourd’hui!), je n’ai pas pu m’empêcher de leur poser des questions supplémentaires sur les coulisses de leur projet. [...]
[...] http://bloguestv5.ca/2012/07/24/les-coulisses-de-nus-et-culottes/ [...]