Vous craquez vous aussi pour Nans et Mouts, qui sévissent sur nos ondes depuis le début du mois dans la série Nus et culottés? J’ai réalisé une entrevue par courriel avec les deux aventuriers-caméramans-réalisateurs.
1- Commençons par le début: qui êtes-vous? D’où sortez-vous?
Nans: Nous nous sommes rencontrés pendant nos études en école d’ingénieur à l’INSA (Institut National des Sciences Appliquées) à Toulouse en Génie Civil, option Génie Climatique. Nous étudions en quelques sorte la vie sédentaire écologique. Très vite, nous avons sympathisé autour des thèmes du voyage et de l’écologie.
Printemps 2007, ni une, ni deux, nous nous lançons dans notre premier road trip d’une semaine dans le but de faire un mini reportage sur les techniques de voyages alternatifs, notamment l’auto-stop et les réseaux d’hospitalité tel Couchsurfing. Dès notre retour, on veut aller plus loin dans cette recherche.
Mouts: Septembre 2008, diplôme d’ingénieur en poche pour Nans et année de césure prise pour moi, chacun de notre côté, nous partons en pour un grand voyage en stop et chez l’habitant entre l’Europe et l’Amérique. C’est l’occasion de s’essayer à de nombreuses techniques: bateau-stop, avion-stop, hébergement spontané chez l’habitant, récupération de nourriture dans les villes, cueillette dans les bois, troc, etc. On s’est vite aperçu que cette façon de voyager valorise l’expérience humaine tout en minimisant notre besoin de ressources et donc notre impact dans les pays traversés.
2- Qui a eu l’idée de Nus et culottés?
Nans: Juillet 2010, de retour de nos longs voyages en Amérique, nos chemins se croisent à nouveau. Avec Anick-Marie Bouchard et Guillaume Charroin, je me lance dans l’écriture d’un guide sur les techniques de voyage alternatif (La bible du grand voyageur publié chez Lonely Planet). L’envie d’illustrer ces techniques par une vidéo se fait ressentir.
Mouts: De mon côté, après un an de voyage en stop du Brésil au Canada à la rencontre des acteurs du développement durable, je revenais de six mois d’étude en Suède, puis trois mois au Québec et trois mois au Costa Rica en hébergement chez l’habitant.
Donc, en se retrouvant, on arrivait à la même conclusion qu’alléger nos sacs à dos invitait davantage d’aventure dans nos vies. Ce qui nous rapprochait beaucoup des gens.
Nans: Du coup, pourquoi ne pas appliquer cette façon de voyager autour de chez nous? Alléger nos sacs à dos au point de s’en débarrasser, s’en remettre davantage à l’inconnu, faire confiance à autrui, ne plus rien prévoir ? C’est ainsi que lorsqu’on s’est retrouvés, on a voulu tester le voyage sans rien. Alors on s’est jetés à l’eau… Et pour faire d’une pierre deux coups, nous avons imaginé un voyage que nous commencerions sans argent ni vêtements avec comme seul équipement un couteau (et un appareil photo pour prendre quelques images). Nous étions loin d’imaginer jusqu’où ce périple allait nous mener…
3- Comment vous préparez-vous avant le départ?
Mouts: Le moins possible… Plus nous anticipons et cherchons à contrôler en amont ce qui va nous arriver et plus nous nous coupons du potentiel du voyage. Ne rien prévoir libère une source de créativité immense! Donc avant de partir nous cherchons juste à nous débarrasser de nos appréhensions et de nos peurs de l’inconnu.
Nans: Par ailleurs, l’objet de ces voyages n’étant pas non plus de se mettre inconsciemment en danger, il a fallu quand même se préparer pour la partie de vie sauvage. Nous avons donc passé du temps avec Kim Pasche, un Suisse trappeur au Yukon spécialisé en autonomie sauvage. Il nous a appris à reconnaître quelques essences de plantes comestibles, à faire du feu avec plusieurs techniques, à utiliser des végétaux pour se faire des vêtements, etc.
4- Et sur le terrain?
Nans: L’idée de passer une nuit dans les bois sans le moindre équipement ne nous intéresse pas si nous considérons la nature comme un milieu hostile duquel il faut s’extirper le plus rapidement possible. Ce que nous recherchons, c’est davantage le lien à notre propre côté sauvage, retrouver l’humilité face aux éléments ainsi que la sensation de faire partie d’un écosystème. Ça n’a pas été facile, loin de là.
Mouts: On a eu nos moments de doutes, nos difficultés à gérer la faim, le froid, l’endurance, la marche pieds nus, les piqûres d’insectes… Autant de contraintes qui nous demandent une vigilance et une attention à chaque instant. Et entre la vie sauvage et le vagabondage, il y a quelque chose de commun : on ne sait jamais de quoi demain sera fait, on est toujours en marche vers l’inconnu. Et, assez bizarrement, c’est ce qui nous rend de plus en plus joyeux.
5- La chose à laquelle vous n’aviez pas pensé? Le plus grand défi?
Nans: Pour moi, notre vulnérabilité face au froid d’une part et notre besoin très grand de sentir l’équilibre entre ce que l’on reçoit et ce que l’on donne.
Mouts: J’ajouterai la sensation de se reconnecter à des ressources profondes, enfouies en nous, que personnellement, je n’avais plus l’habitude de solliciter avant de voyager, quand je passais la majorité de mon temps assis devant mon ordinateur, dans des salles climatisées, été comme hiver.
6- Ce qui vous a été le plus utile sur la route?
Nans et Mouts: Faire confiance, rire et écouter.
7- Combien de grands-mères avez-vous terrorisé au cours de l’aventure?
Mouts: Vous voulez dire combien ont éclaté de rire ?
Nans: Nous ne nous présentons jamais nus devant les gens, nous avons toujours un cache sexe végétal au minimum, donc le risque de terroriser ou de choquer les mamies est très limité… Et puis on ne reste jamais plus de quelques heure en tenue d’homme sauvage, on nous offre très vite de quoi s’habiller…
Mouts: Paradoxalement, c’est justement avec des grand-mères que nous avons eu nos plus grands coups de coeur… On pense notamment à «Mamé» en Camargue.
Nans: Ou encore Monique en Bretagne.
Mouts: Il y a de magnifiques relations qui se tissent entre les deux vagabonds vulnérables que nous sommes et ces grand-mères bienveillantes et attentionnées que l’on rencontre sur le chemin. Mais ç’a fonctionné aussi avec les papis!
8- Que diriez-vous aux téléspectateurs de TV5 pour les convaincre de suivre vos péripéties?
Nans: Est-il possible de partir en quête d’un rêve en commençant son voyage sans le moindre bien matériel et avec pour seul espoir de réussite, la solidarité des personnes rencontrées en chemin? Nous avons tenté l’expérience…
Mouts: Pas mieux!
9- Et maintenant, on va où?
Nans: Pour approfondir cette recherche et ce partage autour du vagabondage, de l’aventure et du voyage, nous sommes en train de mettre en place des ateliers de préparation au voyage (« Les ateliers du grand voyageur », www.grand-voyageur.fr).
Mouts: L’idée est de mettre en place un lieu où les voyageurs peuvent échanger des informations, expérimenter des techniques, mieux définir leur projet.
10- Autre chose à ajouter?
Nans: Rien ne sert de courir…
Mouts: Il faut partir à poil!
Ce soir, Nans et Mouts mettent le cap sur l’Angleterre! À voir dès 20h. Il est possible de les suivre sur Facebook.
PROCHAIN BILLET: Les coulisses du tournage de Nus et culottés. À suivre…















One Commentaire
Et le son??
comment vous avez fait pour le son?
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[...] interviews ici et là, réalisées par TV5 [...]
[...] avoir réalisé une première entrevue avec le duo pour le blogue de TV5 (la série a été présentée ici avant de l’être en [...]
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