Ce soir 21h – Divorces | La semaine dernière, je suis tombée sur un chauffeur de taxi particulièrement volubile. En à peine 10 minutes de course, encouragé pas mes «han-an» sporadiques mais calculés, il a eu le temps de me raconter une partie de sa vie. Le jour de ses 40 ans, il a pris la décision de réaliser un grand rêve: aller voir de ses yeux vu les sept nouvelles merveilles du monde (celles qui ont été déterminées en 2007 suite à un vote).
Rêve qu’il a dû mettre de côté après n’en avoir vu qu’une seule – Chichén Itzá (Mexique) – pour cause de force majeure: une femme. Une Dominicaine. «Je déménage là-bas cet automne», m’a-t-il confié. Han-an. «Je vais me partir une petite business. On va organiser des mariages «tout-inclus» pour les gens qui veulent une réception exceptionnelle et mémorable sans se ruiner.»
Il m’a ensuite énuméré tous les avantages d’une telle formule pour le mariage avant de me poser LA question prévisible: «Vous êtes mariée, vous? Parce que je vous ferai un prix, c’est sûr!» Han-an.
On était presque arrivés chez moi quand il a conclu en m’annonçant qu’en parallèle, il se partirait une autre compagnie spécialisée en… divorces «tout-inclus» express. Han…. Hahahaha!
«Les couples d’aujourd’hui ne durent plus de toute façon. Alors, on va subtilement donner nos cartes d’affaires aux nouveaux mariés et aux invités pendant la cérémonie.» Pas eu le temps de lui demander s’il leur offrirait des rabais avant de débarquer…
Ses ambitions dans le domaine de la rupture m’ont rappelé cette nouvelle. À Taiwan, où on compte environ un divorce toutes les 10 minutes, une nouvelle industrie est en plein essor: les facilitateurs de divorce. Leur mission? Faciliter et accélérer les procédures. Comment? En mettant à disposition des futurs-ex-époux des témoins professionnels, de jour comme de nuit. Surtout la nuit: les disputes sont alors plus fréquentes. Quant à la rapidité, il ne faut pas oublier que c’est à leur avantage: plus ils font ça vite, moins le couple a de temps pour changer d’avis! Cela dit, c’est sûr que ça reste moins rapide que de divorcer par texto.
Avis aux entrepreneurs qui souhaitent investir dans ce type d’entreprise. Je viens de vous trouver un nouveau marché florissant: Bangalore, qui compte une moyenne de 25 divorces par jour, vient tout juste d’être désignée «Capitale du divorce de l’Inde du Sud».
Il faudra toutefois oublier l’Iran. Le pays est lui aussi touché par l’épidémie de divorce (mondiale?), mais déterminées à contrer ce fléau, les autorités en place ont créé une «école du mariage» sur Internet, l’an dernier. École qui a pour mandat de préparer ses étudiants à la vie conjugale. Au terme de leurs études, les finissants reçoivent une «licence de mariage». Le pays songeait d’ailleurs à rendre ces licences obligatoires avant toute union.
Qu’en est-il au Canada? C’est difficile d’obtenir des chiffres récents sur le sujet, puisque pour des raisons stratégiques et budgétaires, Statistiques Canada a récemment pris la décision de divorcer avec les données sur le mariage. Cela dit, l’industrie du divorce semble se porter très bien chez nos voisins américains. Le Huffington Post compte même une section entièrement dédiée au divorce depuis novembre dernier.
Certains pâtissiers offrent même quelques modèles de gâteaux de divorce pour ceux et celles qui souhaitent célébrer la chose en grand (et en calories). Modèles parfois un peu extrêmes, comme en témoigne ce Top 33...
Voici d’ailleurs une idée-cadeau si jamais vous êtes invité à un party de divorce: le coffret du divorcé. Et une suggestion cinéma: le film Divorces, de Valérie Guignabodet. Film qui sera d’ailleurs présenté à 21h ce soir sur TV5. En reprise le mercredi 17 août, 23h30.
Bon divor… euh… Bon cinoche!












