C’est la journée de la femme.
On se dit « bonne journée de la femme », on pense à celles qui nous inspirent, à celles dont le souvenir méritent de persister, à celles qui souffrent comme à celles qui changent le monde. À travers une histoire socio-économique récente pleine de remises en question quant au rôle de ce personnage féminin, cette journée m’amène à penser qu’il y a d’abord et avant tout un individu, une différence, une sensibilité, un parcours bien singulier derrière chaque cause.
Si je pense à ma propre histoire, la première figure qui me vient à l’esprit est celle de ma grand-mère, dont je suis la fière descendante. De nature discrète, cette femme n’a rien révolutionné, mais elle en a mis, du monde au monde : 16 enfants, 8 garçons, 8 filles. Le tout, sans femme de ménage, sans gardienne, souvent sans mari – bien occupé qu’il était à subvenir aux besoins de sa « tribu »- et surtout, sans trop d’amies avec qui partager les aléas d’une vie familiale ancrée dans le don de soi, voire l’abandon d’une certaine féminité au profit de la maternité. La maternité comme métier, comme responsabilité et comme dépassement de soi.
Ma grand-mère était une vraie gestionnaire. Car en plus de nourrir, d’éduquer, de laver, de consoler, d’habiller, d’écouter et encourager tout ce beau monde, elle gérait le calendrier et les cordons de la bourse. Et dans son temps, il n’y avait pas d’assurance chômage, pas de CSST et encore moins de syndicat, donc pas d’épuisement professionnel possible, pas de blessure au travail possible et encore moins de 9 à 5.
Ensuite, il y a eu ma mère, mes tantes, mes cousines et toute cette génération de femmes qui ont revendiqué, défendu et négocié pour plus d’équité. Elles ont quitté le nid pour s’instruire, elles ont insisté pour apprendre la langue du pouvoir et de la négociation, celle qui était vêtue, jusque là, d’un complet-veston-cravate. C’était l’écho de la révolution tranquille, la fin de la tranquillité d’esprit et du statu quo des rôles établis. C’était la révolution, dans le sens guerrier et masculin du terme. On bousculait les idées, les systèmes, la tradition, au nom de l’évolution. Je ne vous raconterai pas cette époque et je ne cherche surtout pas à en justifier les fondements et les bienfaits.
Mais je pense à ma génération. Toujours en évolution, mais à cheval entre la tradition et la revendication. Toute une génération de femmes qui se cherche, se trouve, se perd, se crée et se construit chaque jour. Une génération qui est certainement à l’avant-plan, si on se fie aux statistiques. Mais si je ramène cette réalité à ma réalité à moi, je voudrais penser que j’appartiens à une génération qui a la liberté de se créer en relation avec et non en opposition à son complément masculin. Parce que je veux tout et parce que l’histoire a commencé bien avant que j’en fasse partie, je voudrais qu’elle continue d’évoluer de façon à ce que chacun se supporte tout en se laissant assez d’espace pour exister.
Je n’ai pas l’ambition d’avoir trouvé la solution à l’équité des genres, mais je cherche, à ma petite échelle, une façon de créer un pont solide entre deux entités qui se font peur et ont tendance à s’isoler en se faisant dos. Y a qu’à constater le taux de divorces dans notre belle province. Et dire qu’à l’époque de ma grand-mère, ce n’était même pas une option… Aujourd’hui, je me demande si on avait bien envisagé les répercussions liées au fait de bousculer l’ordre établi… Non pas que ce n’était pas un passage obligé. Je veux tout : une utopie ?
Vous, femmes et hommes, qu’en pensez-vous?
Pour vous remettre dans le bain, il y a l’histoire de Nora, à 20H, histoire de prendre un peu de recul sur notre réalité immédiate. Et à 21H, le documentaire Sexe, amour et société ne manquera pas de soulever les questions relatives à la dynamique de l’évolution des genres… Bonne soirée de la femme!













2 Commentaires
Virginie ! De retour sur mon blog préféré. Quel beau message. Tu évoques la vie de nos grands-mères tout en nous poussant à être bien dans notre réalité, notre présent. J’aime beaucoup ton « en relation avec » et j’ajouterais aussi qu’aujourd’hui, avec les médias sociaux, nous avons la chance de côtoyer des hommes et des femmes de toutes les cultures avec qui nous pouvons échanger sur nos traditions, nos façons de vivre. Avec internet, on peut discuter échanger en ligne, en direct avec des femmes et des hommes de partout que ce soit sur des blogues, twitter, en mettant nos commentaires sur des sites comme celui-ci. Merci !
Anne-Karine! Ça me fait plaisir de te retrouver ici aussi
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Merci pour ton commentaire, c’est un sujet tellement abordé aujourd’hui que celui de la journée de la femme. Et socialement, c’est un sujet qui est aussi tellement complexe que je me demande quel sens lui donner… C’est vrai que la différence entre les genres peut ressembler à la différence culturelle…
Individuellement, j’aime penser que chaque décennie apporte son lot de défis. J’aime penser que nous avons la chance d’être femme parmi les hommes, et femme parmi les femmes aussi, ce qui apporte plein de nouvelles perspectives. Que nous avons la chance d’avoir un horizon qui ne se limite pas à la cuisine, mais est-ce seulement ma perspective? Je n’ai jamais entendu ma grand-mère se plaindre de son quotidien, et je ne suis pas certaine non plus qu’elle ne préférait pas sa réalité à elle. Nous, on a des choix, c’est différent.
Plutôt que de crouler sous les choix, pourquoi ne pas tout simplement exister et assumer cette différence… ?